Les riches Français quitteraient-ils le paradis fiscal suisse ?

Il semblerait que la Confédération helvétique perdrait son attrait fiscal. Alors que les cabinets d’avocats français débordent de clients sur le départ, peu d’entre eux choisissent de s’y installer. Ils préfèrent parfois le statut fiscal privilégié des résidents non-domiciliés à Londres ou le charme discret de la vie de rentier bruxellois.

Les riches Français quitteraient-ils le paradis fiscal suisseChangement au niveau du forfait fiscal suisse pour les étrangers

Le secret bancaire ne serait plus que l’ombre de lui-même en Suisse. De plus, le forfait fiscal suisse est devenu difficile à obtenir, et qu’il faut montrer patte blanche avant toute installation dans le canton de Genève ou de Vaud et pouvoir y acheter un bien. Concernant ce forfait fiscal d’ailleurs, l’opinion publique est contre en Suisse. En effet, ce forfait fiscal permet d’être taxé sur un train de vie supposé et non sur les revenus et la fortune réelle. Ce système réservé aux étrangers aurait pourtant rapporté 668 millions de francs suisses d’impôt et généré dans la Confédération 1,4 milliards de dépenses de la part de ces riches résidents, c’est pour cela que le parlement fédéral est pour son maintien. Mais en voyant augmenté la facture à une assiette minimale imposable de 400 000 francs suisses, les candidats au forfait fiscal suisse préfèrent déménager sans formalisme au Royaume-Uni, ou en Belgique ou encore à Luxembourg depuis peu.

Des riches Français bien installés

Des Français y sont pourtant bien installés, ces Français déjà installés depuis longtemps en Suisse pour la plupart, fuyant un ISF créé en 1981 sous le nom d’IGF. 43 familles sont françaises parmi les 300 plus riches fortunes étrangères recensées par le magazine genevois « Bilan ». Leur patrimoine est évalué à 43,5 milliards de francs suisses (environ 36 milliards d’euros), et parmi eux on trouve 14 milliardaires sur les 137 qu’abrite la Confédération : la famille Wertheimer, les propriétaires de Chanel, Benjamin de Rothschild, la famille Peugeot, Nicolas Puech (Hermes), la famille Bich, les héritiers Louis-Dreyfus… mais aucune star de la chanson, du cinéma ou du sport, parce que leur fortune est moindre. Pourtant ils sont aussi nombreux : Johny Halliday, Charles Aznavour, Alain Delon, Isabelle Adjani, Amélie Mauresmo, presque tous les grands joueurs de tennis…

Ainsi, la Suisse est toujours restée le paradis fiscal pour les riches Français, parce que l’alourdissement de la fiscalité française les obligera à accepter de se plier au formalisme helvétique afin de profiter d’une fiscalité plus avantageuse. Mais il leur faudra être prudent, car l’administration fiscale française cherche à taxer les Français résidents à l’étranger, notamment par le biais de la renégociation de ses conventions fiscales avec la Suisse. Le risque, c’est qu’à trop vouloir taxer, le fisc français encourage l’évaporation des fortunes et la disparition de revenus et de patrimoines à imposer