Le paradis fiscal de la Premier League britannique

Une publication sur The Independant de la semaine dernière concerne une enquête assez édifiante sur l’optimisation fiscale, permettant aux clubs de Premier League d’échapper largement à l’impôt sur les sociétés.

Les chiffres sont parlants, parce que les clubs ont réalisé 150 millions de livres de bénéfices lors de la saison dernière, alors qu’ils n’ont payé que 3 millions d’impôts sur ces bénéfices, ce qui correspond à un taux de 2% ! Ce quotidien britannique affirme même que cinq d’entre ces clubs n’ont rien eu à régler en dépit d’un bénéfice cumulé de 70 millions, dont Manchester United, Newcastle, et Tottenham. Avec un profit de 36,6 millions, Arsenal n’a déboursé que plus d’un demi-million de livres…

Le paradis fiscal de la Premier League britanniqueRien d’illégal

Cette évasion n’a rien d’illégale. En effet, cela est même encouragé par les pouvoirs publics et la législation (exonérations diverses, baisses successives des taux d’imposition, subventions accordées aux acheteurs étrangers de clubs, report de déficit avantageux, déductibilité des transferts…), et sans parler des pratiques conniventes et d’arrangements tenus secrets entre le fisc britannique (HMRC) et les entreprises.

La Premier League a rappelé qu’elle contribuait à hauteur d’un milliard de livres annuel au travers de la TVA, des charges sociales et des autres impôts. Mais l’on ne voit pas pourquoi les clubs, à l’instar des sociétés dans le collimateur de l’opinion britannique comme Google, Amazon, e-Bay ou Starbucks, seraient exonérés d’une contribution à laquelle se soumettent les autres entreprises.

Prestige sportif

En Angleterre, l’optimisation fiscale devient de plus en plus au cœur des débats. En effet, l’optimisation fiscale permet aux multinationales géantes de sortir leurs profits du pays où ils les réalisent, en payant de moins en moins d’impôts, alors que les contribuables moyens doivent en payer plus. Et même en France, sur une centaine de footballeurs sur cinq cents au total en Ligue 1, une tranche d’imposition de 75% est appliquée pour les revenus au-delà du million d’euros par an.

On se demanderait alors s’il s’agit d’une justice fiscale que l’Etat britannique serait en train de sacrifier pour ces clubs qui lui apportent les profits symboliques du prestige sportif national. A titre d’information, certains pays comme l’Espagne par exemple sont revenus sur les régimes d’exception qu’ils accordaient à leurs footballeurs.